Qu’est-ce qu’un harem ? Vie familiale et intimité dans le monde ottoman

Rédigé par l’équipe d’Istanbul Family Hotels Dernière mise à jour:

L’essentiel

Origine du motArabe ; « protégé, inviolable, privé »
HaremlikLa partie privée et familiale de la maison
SelamlıkLa partie de la maison où l’on recevait les invités masculins
Harem de TopkapıLe quartier de la famille du sultan ; figure la plus puissante : la valide sultan
Infos de visiteSur la page du palais de Topkapı (billets et horaires)

Que signifie le mot harem ?

Le mot harem vient d’une racine arabe signifiant « interdit, inviolable, protégé ». La Mecque et Médine sont appelées les « Haramayn » d’après la même racine : des lieux honorés et protégés. Dans une maison, le harem est la partie où vivent les femmes et les enfants de la famille, et où les hommes étrangers à celle-ci n’entrent pas.

Derrière cette organisation se trouve la notion islamique d’intimité familiale (mahremiyet) : la vie privée de la famille est protégée, les membres du foyer sont à l’aise dans leur propre espace, et les invités sont reçus dans une partie séparée. Le harem n’était donc pas un lieu où l’on enfermait les femmes, mais le foyer protégé de la famille.

Comment les maisons ottomanes étaient-elles organisées ?

Les maisons et les konaks traditionnels d’Istanbul comptaient deux parties :

PartieQui l’utilisait ?Caractéristiques
HaremlikLa famille : les femmes, les enfants et les hommes de la maisonPièces donnant sur le jardin, cuisine, chambres ; fenêtres masquées depuis la rue
SelamlıkLes hommes de la maison et les invités masculinsSalons de réception côté rue, pour recevoir les invités sans qu’ils voient le quartier familial

Des placards tournants entre les deux parties permettaient de faire passer les plats d’un côté à l’autre. Des treillis de bois aux fenêtres masquaient l’intérieur tout en laissant la famille regarder la rue. Dans les vieilles rues de la péninsule historique, notamment autour de Fatih et de Zeyrek, on voit encore des maisons en bois qui portent la trace de cette organisation.

Qui vivait au Harem du palais de Topkapı ?

Le Harem du palais de Topkapı était la résidence de la famille du sultan et l’une des parties les plus animées du palais. Ses principaux habitants étaient :

  • La valide sultan : la mère du sultan, qui dirigeait le Harem et était souvent la personne la plus influente du palais.
  • Les épouses et les enfants du sultan : les princes y étaient éduqués et les princesses y grandissaient.
  • Les cariyes : des femmes amenées jeunes au palais et formées sur place. Elles apprenaient à lire et à écrire, le Coran, la musique et l’artisanat, et beaucoup étaient affranchies et mariées au bout de quelques années.
  • Les aghas du Harem : des fonctionnaires chargés de la sécurité du Harem et de ses relations avec l’extérieur.

Le Harem était aussi un centre d’éducation et d’influence. Les mosquées, fontaines et fondations charitables construites par les mères et les épouses des sultans se voient aujourd’hui dans tout Istanbul. Les billets et horaires du Harem figurent sur la page de visite du palais ; pour loger tout près, voir notre guide des hôtels près du palais de Topkapı et du parc de Gülhane.

Pourquoi l’image occidentale du harem est-elle fausse ?

Aux XVIIIe et XIXe siècles, des peintres et écrivains européens ont dépeint le harem comme une somptueuse maison de plaisirs. La plupart de ces tableaux et récits sont nés de l’imagination de personnes qui n’avaient jamais vu de harem, puisque les hommes étrangers à la famille ne pouvaient pas y entrer.

Les voyageuses européennes qui ont réellement vu un harem décrivaient tout autre chose : la vie de famille, les enfants, l’éducation, les conversations et une routine de palais stricte. Les historiens considèrent aujourd’hui aussi le harem comme une institution familiale et de cour. Parcourir le palais avec cela en tête donne bien plus de sens à ses salles.

Que signifie l’intimité familiale pour les familles d’aujourd’hui ?

Les maisons n’ont plus de haremlik ni de selamlık, mais l’importance accordée à l’intimité familiale demeure. Pour les familles musulmanes en voyage, elle se traduit par des besoins très concrets :

  • Des chambres familiales ou communicantes où tout le monde peut rester ensemble.
  • Une ambiance d’hôtel calme où l’alcool n’est pas au centre.
  • Des lieux où les femmes peuvent prier à l’aise, et la direction de la qibla dans la chambre.

Les options de chambres sont présentées dans notre guide pour les familles nombreuses à Istanbul, et les conseils pratiques pour prier à l’hôtel dans notre guide prier dans sa chambre d’hôtel.

Nos hôtels familiaux à distance de marche du palais de Topkapı

Aucun hôtel n’a encore de temps de marche enregistré pour ce lieu ; nous affichons donc tous nos hôtels. Ce qui se trouve à proximité est indiqué sur la page de chaque hôtel.

Questions fréquentes

Que signifie harem ?

Le mot vient d’une racine arabe signifiant « protégé, inviolable ». C’est la partie privée d’une maison où vit la famille, fermée aux hommes étrangers à celle-ci.

Quelle est la différence entre haremlik et selamlık ?

Le haremlik est la partie privée et familiale de la maison ; le selamlık est l’endroit où l’on recevait les invités masculins. Les maisons ottomanes traditionnelles avaient les deux.

Qui vivait au Harem du palais de Topkapı ?

La mère du sultan (valide sultan), ses épouses et ses enfants, les cariyes qui y servaient et y étaient éduquées, et les aghas chargés de sa sécurité.

Le harem était-il une maison de plaisirs ?

Non. Cette image vient en grande partie de peintres et d’écrivains européens qui ne sont jamais entrés dans un harem. C’était le quartier du palais où vivait et s’instruisait la famille du sultan.

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